Tayot

Je me nomme BELBACHIR TAYEB, je suis né le 10 avril 1959 à Ostricourt (Nord).

En juillet 1961 je suis arrivé à Vieux-Condé (la solitude) dans un coron, mon père était mineur à proximité de la forêt de Bonsecours, j’ai passé toute mon enfance et mon adolescence à me rendre presque quotidiennement dans cette forêt. « J’ai toujours aimé viscéralement la nature »

Enfant, « les grands » de la cité m’ont appris à confectionner des lance-pierres (frondes), ma passion pour ce petit objet m’a poussé à chercher les meilleurs sujets dans les haies de troènes qui bordaient les rues de la cité, il était essentiel d’avoir une fourche parfaitement symétrique pour une visée impeccable. Avec mes acolytes, nous n’en sommes pas restés là, nous fabriquions également des arcs, des flèches, des lances etc… à l’aide de branches de noisetiers bien droites, et nous les embellissions en retirant l’écorce ou en sculptant des motifs dans l’écorce. Désigné comme « chef de bande » mon surnom de l’époque est désormais mon pseudo d’artiste « TAYOT ».

A l’âge adulte, j’aurai aimé être ornithologue par amour pour les oiseaux, mais la réalité de la vie m’a poussé à devenir bucheron et paysagiste pour subvenir à mes besoins. Durant cette période et par manque de temps, je ne me suis jamais attardé sur les chutes d’arbres (troncs, branches, racines…).

A l’âge de 50 ans j’ai dû abattre un arbre centenaire à la demande d’un particulier. C’est alors que j’ai commencé à développer ma fibre artistique. En écorçant cette arbre, j’ai retrouvé les sensations de mon enfance. J’ai poursuivi en travaillant des racines, la pierre, des galets, le silex, le verre, des os, divers aciers, la mosaïque etc… J’ai également élargi mon expression artistique aux travers de collages sur tableaux afin d’évoquer les thèmes qui me tiennent encore à cœur (géopolitique, société, religion etc…).
« En grande souffrance, l’art m’a sauvé la vie »

Aujourd’hui, je pense avoir assez d’œuvres pour partager un large panel de mon univers, voilà pourquoi cette exposition.