Fabrice Thomasseau

Je compose des scènes à partir d’images souvent puisées dans la presse, dont les sujets relèvent du champ politique et social. J’opère par prélèvements, montages, re-contextualisation, altération, superposition. Peindre répond à cette impérieuse nécessité de s’extirper du réel pour mieux lui faire face.

J’essaie ainsi de m’éloigner de la source documentaire ; d’extraire du brouhaha du monde des narrations dépouillées de toutes anecdotes qui font allusion à la vulnérabilité de la condition humaine et invitent à participer à un état d’alerte. Faire face à l’histoire contemporaine en s’éveillant à une réalité autre : est-ce une dérisoire gageure ou une discipline vitale pour arrêter le temps et mieux saisir la complexité du monde ?

En décalant l’instantané à hauteur de rêve, en rassemblant des instants d’actualité où l’action reste en suspens et l’horreur hors-champ, à contre-courant de la vitesse des flux médiatiques, je fais le pari d’un peu d’éternité et de mélancolie.