Béatrice Escoffier

Les pigments de ses bronzes ont les reflets verts, gris ou bleu sombre, parfois noirs, de l’océan, échos de l’enfance bretonne d’une fille et sœur de marins. Et la famille que s’est construite Béatrice Escoffier, avec José, peintre, et leurs trois enfants, réunit quatre continents.

Ses œuvres sont un voyage : du travail de la terre, charnelle, présence de la main, coup de patte ou caresse, naissent des bronzes denses, matière pleine, solide et sensuelle. Enfants, chevaux, personnages, tous fortement ancrés sur le sol, mais en mouvement : courbe de l’encolure, regards, voix des chanteurs, buste des danseurs, élan des boxeurs. Son sens du croquis, qui laisse entrevoir sa relation avec Saint-Domingue – visages enfantins, silhouette aperçue, rythmes devinés – ne s’ennuie pas dans un réalisme banal, mais ouvre sur le rêve, le fantastique parfois, sur lequel on sent qu’elle a posé longuement son calme regard bleue.